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Connectivités, l'exposition semi-permanente du Mucem


En novembre 2017, l'exposition semi-permanente du Mucem, a ouvert ses portes. L'exposition traite de connectivités… autrement dit de liaisons, d’échanges. Parce que nous sommes au Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée), l’exposition traite de la question des connectivités entre les villes du bassin méditerranéen. Et parce que l’exposition se place sous l’égide de l’historien Fernand Braudel, ces connectivités sont étudiées sur un temps long. L'exposition se découpe en deux parties : une partie historique et une partie contemporaine.




La Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles


© RMN-Grand Palais (Château de Versailles), C. Jean et H. Lewandowski © Château de Beauregard

L'exposition, à l'instar de Fernand Braudel, prend le parti de présenter la Méditerranée comme un personnage. La première partie s’intéresse à la période des XVIe et XVIIe siècles à travers six villes connectées les unes aux autres. On entre à l’Est par Istanbul, et on circule vers Venise et Alger, avant d’aborder la partie occidentale de la Méditerranée, de Gênes à Séville, pour terminer avec Lisbonne, comme une ouverture sur l’Atlantique. Dans ce parcours historique – qui privilégie les objets des collections du Mucem et des dépôts à moyen terme de musées français – on voit s’affronter deux Empires alors à leur apogée : l’Empire des Hasbourg et celui des Ottomans. Et on voit émerger l’ère de la mondialisation. La période mise en lumière est un moment de changement pour les villes méditerranéennes puisque les deux empires se déploient en s'ouvrant vers l'Atlantique.


L’Empire des Habsbourg se développe à partir de l’ouest (Amériques et Asie) et l’Empire ottoman se tourne davantage vers l’est (Asie). Au cœur de ces empires immenses, certaines villes comme Istanbul, Séville, Venise ou Alger sont de véritables nœuds de pouvoir où se concentrent les échanges et les tensions entre les deux empires, et entre ceux des « nouveaux mondes ».

Myriame Morel-Deledalle, commissaire de l'exposition



Qui est Fernand Braudel ?

Fernand Braudel [...] a initié une nouvelle manière d’appréhender l’histoire en privilégiant non pas l’histoire événementielle mais le contexte et la longue durée. C’est-à-dire la durée géographique, physique, historique, sur le long terme, des relations politiques et sociales au sein des sociétés. En effet, l’histoire n’est pas une succession d’événements, de dates et de coups de canons... C’est d’abord une affaire de contextes.

Myriame Morel-Deledalle


Née en 1902, Fernand Braudel est agrégé d'histoire en 1923. Professeur d'histoire, il a été élu à l'Académie Française en 1984. L'exposition a été conçue en lien avec son ouvrage La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II. Elle aborde la même thématique que le livre, paru pour la première fois en 1949. Comme l'explique la commissaire Myriame Morel-Deledalle, concevoir l'exposition a été un défi car elle est l'adaptation et la transcription du livre de Fernand Braudel. La thèse défendue dans le livre de l'historien a été reprise pour Connectivités afin de mettre en exergue le fonctionnement de la Méditerranée au XVIe et XVIIe siècles. Pour l'historien, il n'était pas question d'étudier la Méditerranée de cette époque là en posant des "bornes chronologiques strictes", il préférait la penser comme un "personnage dont il s'agirait de raconter l'histoire en l'inscrivant dans la longue durée".



Les mégapoles et métropoles méditerranéennes au XXIe siècle


Cyrille Weiner, Série Les longs murs © Cyrille Weiner
Selon l’ONU, 3,5 milliards de personnes à travers le monde vivent aujourd’hui dans une ville. Elles seront 5 milliards dans quinze ans et 7,5 milliards à l’horizon 2050. Il nous a ainsi paru intéressant d’interroger le phénomène urbain actuel, à travers un focus sur quatre villes méditerranéennes, présentant des modes d’évolution bien distincts.

Myriame Morel-Deledalle


Mondialisation, mégapolisation, urbanisation : voilà autant de concepts interrogés dans la deuxième partie de Connectivité. Quatre villes principales sont présentées dans l'exposition afin d'évoquer "l'échec de l'intégration urbaine" (Olivier Mongin).

Si dans le parcours historique, la ville est abordée par le biais de portraits de décideurs politiques et économiques, la seconde partie centrée sur l’époque contemporaine interroge – au travers de vidéos, photos, maquettes – le rôle du commun des mortels dans le futur des cités méditerranéennes hyper connectées à l’urbanisation galopante. Une invitation pour le visiteur à continuer à inventer la ville de demain.



Pour en savoir plus sur l'exposition, cliquez ici.

Pour découvrir l’exposition en visite guidée, idéal pour en apprécier chaque aspect, nuance et objet, Pont des arts met à votre disposition une équipe de guides conférenciers professionnels multilingues.

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